PARIS 19: MOBILITY, MEMORY & MIGRATION (2008 - ongoing)

EN FRANÇAIS ET EN ANGLAIS

 

PARIS 19: MOBILITÉ, MÉMOIRE & MIGRATION


Un projet réunissant la pratique de la photographie avec des souvenirs personnels et collectifs du 19ème arrondissement de Paris, réalisé en quatre films: Faith, Survival, Connection, Distance

A project bringing together the practice of photography with personal and collective memories from the 19th district of Paris, realised in four films: Faith, Survival, Connection, Distance.


INTRODUCTIONS AUX FILMS
Abbas Nokhasteh


Survival

La survie est d'être en vie
Mais ne pas vivre
Vulnérables
A l'extérieur
Séparés

Survival is to be alive
But not living
Vulnerable
Outside
Separated

 

Faith

Foi d'exister
La foi en l'avenir
Nous sommes différents et identique
En ce qui est, a été, et restera

Faith to be,
Faith in the future,
We are different and the same,
In what is, was and remains to be


Connection

Construire ensemble a plusieur
Pour donner un sens
Et créer des familiarité
La vie et des vivants

Building together with many
To make sense
And to make familiar
Life and the living


Distance

Conçu pour être un étranger
Par des murs et des clôtures
Perdus dans l'autre espace
Il n'est plus nécessaire
Une exception

Designed to be a stranger
By walls and fences
Lost in another space
No longer necessary
An exception


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PARIS 19: MOBILITÉ, MÉMOIRE & MIGRATION
Andrés Borda-González, David Kendall, Abbas Nokhasteh, Dr. Moustafa Traoré


Le 19e arrondissement de Paris est l’un des vingt districts administratifs que compte la ville de Paris. Il se caractérise par une population très diverse et très jeune. La majorité des habitants sont des citoyens français d’origine africaine, souvent désigné sous le nom de minorités dans l’Hexagone. En sociologie, le terme d’« intégration » fait référence à l’adaptation de personnes à un nouvel environnement et à une nouvelle situation. Il existe différentes formes d’adaptation ; les plus connues étant celles de l’intégration et de l’assimilation. Dans les sociétés occidentales, le processus qui mène à l’intégration semble être plutôt bien accueilli lorsqu’il implique les groupes défavorisés de la société tels que les femmes, les personnes âgées ou encore les personnes handicapés. Cependant, lorsque l’intégration concerne les minorités, également victimes de certaines formes d’injustice, les appels en faveur de leur assimilation au reste de la société française cachent souvent une certaine réticence à l’égard de leur pleine intégration (Traoré, 2011: 13, 86).

Nous sommes convaincus que les processus d’intégration et d’assimilation agissent comme constructeurs culturelles au sein des conceptions architecturales. L’assimilation, contrairement à intégration, s’oppose à la diversité culturelle et aspire à associer et conditionner les activités sociales, suggérant de la sorte que la mémoire collective peut être déplacée (Chaliand, 1989: 5-6).

Par conséquent, il est tout à fait fondé d’explorer la façon dont les réseaux communautaires informels qui ont vu le jour dans le 19e arrondissement pourraient influencer l’évolution culturelle et architecturale ; modifier la politique et le choix économiques des citoyens au sein de l’État français. La « mémoire collective ou publique » pourrait servir de point de départ à l’exploration et à la cartographie de l’exclusion. Les gens partagent leurs souvenirs avec des membres de leur groupe et réarrangent rationnellement leurs souvenirs du passé conformément à la compréhension des événements, avec ou contre d’autres groupes de personnes. La mémoire collective sert également à masquer son identité, et ce projet en continu explore combien les comptes rendus visuels et oraux sont en prise avec la vie de tous les jours, lorsqu’il existe coopération.

Le projet débute au cours de l’été 2008. Suite à la rencontre entre Abbas Nokhasteh, le fondateur d’Openvizor (une organisation internationale à but non lucratif centré sur l’art et la culture) et Dr. Moustafa Traoré, qui à l’époque vient tout juste de terminé la recherche qu’il conduisait dans le cadre d’une thèse de doctorat sur le Royaume-Uni. L’organisation Openvizor crée des des alliances et met sur pied des projets pluridisciplinaires avec des réseaux aussi bien officiels qu’informel. Cette organisation met également au point des processus et modèles alternatifs qui visent à fournir des regards, des outils et des connaissances nécessaires à la collaboration, l’éducation, ainsi qu’à l’élaboration de pratiques de planification politiques.

Au fil du temps, les discussions et collaborations avec les associations sur le terrain ont mis l’accent sur des travaux en vue de reconquérir le mouvement associatif français sous de nouvelles formes pour essayer de répondre aux pressions sociales et politiques, non pas par des moyens réactionnaires mais plutôt à travers le rassemblement des ressources et en élaborant des discours positifs. Nokhasteh est également en conversation avec des membres du gouvernement, de la municipalité et des collectivités locales. Nokhasteh dialogue aussi avec des institutions universitaires et artistiques qui présentent souvent des approches plus dogmatiques au discours social. Les actions locales proposent de nouvelles définitions à la République française, ainsi que la possibilité pour les groupes et les individus de faire preuve de dynamisme et de participer au potentiel futur d’un patrimoine et d’un tissu social variés. Leurs actions créent des liens entre différentes organisations qui se rassemblent pour entreprendre des actions indépendantes en dehors de la dynamique structurelle et hiérarchique.

Les discussions entre Nokhasteh et Traoré ont mis en lumière les points de vue personnels de Traoré en tant que citoyen français issu de la première génération d’africain de l’ouest né sur le sol Français. Cela a permis de se pencher sur la question de la mobilité économique, sociale et culturelle en France. Traoré, militant et enseignant, a présenté à Nokhasteh son quartier ; le 19e arrondissement de Paris ainsi que ses myriades de militants et d’organisations. Depuis 2008, les recherches d’Openvizor ont révélé qu’il existe un sentiment d’appartenance et de solidarité au sein de nombreuses communautés variées dans les quartiers les plus culturellement métissés de Paris. Ces quartiers comptent principalement des populations importantes d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique du Nord, et des communautés juive et chinoise.

Dans son ensemble, la communauté ouest-africaine dans la région parisienne est largement représentée par la communauté Malienne s et, dans une moindre mesure, par les Sénégalais. Le processus de colonisation et de décolonisation dans la seconde moitié du XXe siècle a transformé le paysage culturel du 19e arrondissement. Les résidents et minorités qui ont de faibles revenus se voient aujourd’hui nier toute forme de reconnaissance historique au sein de leur quartier. Coincées entre le 18e arrondissement à l'ouest et le département du 93 au nord, différentes générations de jeunes se sont succédé les unes après les autres dans le 19e, dans une culture qui porte les marques de la criminalité et de la délinquance.

En 2000, le bureau du maire a donné le coup d’envoi à un important programme de régénération architecturale qui a vu l’expulsion vers les banlieues des trafiquants de drogue, des toxicomanes et des familles à faibles revenus. D’anciens édifices ont été rénovés ou démolis, et de nouvelles résidences privées ont été investies par les jeunes bourgeois bohèmes dits « Bobos ». Ce processus a intensifié la dissociation spatiale entre nouveaux et anciens résidents, soulignant d’autant plus la perte de mémoire culturelle et sociale au sein de l’arrondissement.

En 2010 et 2011, Openvizor a invité le photographe et chercheur britannique David Kendall et le réalisateur colombien Andrés Borda-González dans le 19e arrondissement, dans le cadre d’une stratégie qui sur le long terme vis à élaborer de nouveaux modèles d’apprentissage, de réflexion et d’organisation au sein du quartier. L’objectif consistait à explorer, proposer et stimuler des activités précises entre des personnes et des groupes de personnes. Il s’agissait de se servir de méthodologies pragmatiques et collaboratives pour créer de nouveaux outils de narration, permettant à l'éphémère de se transformer en histoires tangibles qui retrace le passé et le présent.

Aux XIXe et XXe siècles, les rues de Paris sont devenues historiquement une ressource visuelle riche pour les photographes, réalisateurs et architectes. Ceci a influencé la façon dont les résidents, les urbanistes et les responsables politiques associent et créent une perception oculaire des villes contemporaines à l’échelle mondiale. Les institutions politiques se servent de photographies historiques de la vie de tous les jours, pour visualiser, commémorer et créer des histoires sociales, des mémoires collectives et des archives d’images. Dans ce projet, la photographie et le film ont été mis à profit pour rassembler des individus et explorer la façon dont les mémoires collectives pourraient devenir socialement ancrées dans les cadres spatiaux et architecturaux tout en servant d’expériences productives, fluctuant entre procédures officielles/administratives et réseaux sociaux informels/auto-organisés (Boyer 1996: 133).

Les conversations peuvent lier les mémoires par le biais d’actes de collaboration et peuvent offrir des cadres flexibles à l’entreprise collective, l’exploration spatiale et l’évaluation de la vie publique. Les relations sociales ont besoin d’être modifiées, afin qu’un accès ouvert aux dispositifs des médias numériques puisse permettre aux connaissances géographiques, sociales, esthétiques, sensorielles et privées d’inspirer de nouvelles formes d’expériences civiques ingénieuses (Dewey 2005: 38).

Sous la houlette des résidents, Kendall et Borda-González ont été emmenés sur les sites de souvenirs personnels au fil du méandre de rues, d’allées, de parcs, de cours, de pas de porte et de portails dans le quartier. Kendall a revisité et réinterprété ces endroits par le biais de la photographie. Ces images ont été assemblées et montrées à d’autres résidents qui ont exprimé leurs propres souvenirs et sentiments. Le processus a été répété. Il a débouché sur de nouveaux espaces sociaux de réflexion, menant à la production de nouveaux souvenirs collectifs qui suscitent de nouvelles interprétations, actions, situations et histoires. Le partage des nouvelles images, des connaissances et des expériences a permis aux résidents de raconter et de décrire de nouvelles histoires. Ces dernières ont été la source première de Borda-González qui a réassemblé les récits oraux et visuels. Ceci a pour effet de déclenché également la création d’un nouveau discours sonore mise en image au sujet de la division de l’espace, de la cohésion des conflits sociaux, de l’assimilation, de l’intégration, de la citoyenneté et de la migration au sein de la société française contemporaine.


Références

Boyer, C. (1996) The City of Collective Memory, Cambridge, Massachusetts and London: The MIT Press, pp. 133.
Chaliand, G. (1989) Minority Peoples in the Age of Nation States,
Ed. Gerard Chaliand, London: Pluto Press, pp. 5-6.
Dewey, J. (2005) Art as Experience, New York: Perigee, pp. 38.
Halbwachs, M. (1992) On Collective Memory, Ed. Lewis A. Coser,
Chicago and London: University of Chicago Press, pp. 48.
Karstedt, S. (2009) Legal Institutions and Collective Memories,
Ed. Susanne Karstedt, Oxford and Portland: Hart, pp. 3-4.
Traoré, M. (2011) l’intégration de la culture musulmane en Grande-Bretagne, des principes à la réalité, Paris: l’Harmattan, pp. 13, 86.


Pour tout complément d’information concernant Paris 19, prière de contacter
Abbas Nokhasteh : abbas@openvizor.com


Biographies

Andrés Borda-González a obtenu son diplôme en philosophie de l’Université nationale de Colombie. Son court-métrage « Coqué » a été présenté en première au Festival du film de Carthage en 2010 et a été sélectionné par la London Film School pour une diffusion spéciale à l’Institute of Contemporary Arts, à Londres, en 2009. Ses documentaires se penchent sur la migration, l’urbanisme et les arts.

David Kendall est chargé de cours au Centre for Urban and Community Research, Département de sociologie de l’Université de Goldsmith à Londres. Ses recherches et ses photographies explorent la manière dont les initiatives spatiales, économiques ainsi que la conception et les pratiques participatives s’associent pour encourager des interconnexions sociales et spatiales ou déclencher des conflits urbains. Kendall a présenté et exposé ses recherches dans des institutions universitaires et académiques et notamment à l’Université de Copenhague, l’Université de Californie, le South Bank Centre London, la Queens University de Belfast, Goldsmiths (Université de Londres), Tate Britain London, l’Université Queen Mary de Londres, et l’Université d’Oxford.
www.david-kendall.co.uk

Abbas Nokhasteh est le fondateur d’Openvizor, une organisation internationale à but non-lucratif pour les arts et la culture. Openvizor forge des alliances et met sur pied des projets pluridisciplinaires avec des réseaux officiels et informels. Cette organisation met au point des processus et modèles alternatifs visant à fournir des aperçu, des outils et des connaissances nécessaires à la collaboration, l’éducation, le militantisme, l’élaboration de pratiques, la planification de politiques. Nokhasteh est diplômé de Kings College à Londres et de l’Imperial College (London). Il a présenté des travaux de recherches et s’est chargé d’événements au sein d’institutions universitaires et artistiques et notamment de l’Architecture Foundation à Londres, la Serpentine Gallery (London), Goldsmiths (Université de Londres), la Queens University (Université de Belfast), Queen Mary (Université de Londres) et l’Université d’Oxford.
www.openvizor.com

Dr Moustafa Traoré est l’auteur de « L’intégration de la culture musulmane en Grande-Bretagne, des principes à la réalité » (l’Harmattan, 2011). Il est chargé de cours à la Sorbonne à Paris, et a fondé le site Internet www.anopeneye.org, un journal en ligne qui traite de la politique et des questions sociales françaises. Traoré a présenté ses recherches à des institutions universitaires et artistiques et notamment à la Sorbonne, au South Bank Centre London, à la Queens University de Belfast (Université de Belfast), Goldsmiths, (Université de Londres), Queen Mary, (Université de Londres) et l’Université d’Oxford.
www.anopeneye.org


FILMS: FAITH, SURVIVAL, CONNECTION, DISTANCE

Avec:
Moustafa Traore
Bakary Sakho
Sadia Diawara
Sidy Seye
Maïmouna Doucouré
Coly Issouf

Project par:
Andrés Borda-González

David Kendall

Abbas Nokhasteh

Dr. Moustafa Traoré

Les photographies par David Kendall

Monteur Assistante Charlie Hayes

2ieme Monteur Assistantes:
Helena Escallón
Camila Salame
Noah Teichner

Producteur Abbas Nokhasteh

Réalisateur Andrés Borda González


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INTRODUCTIONS TO FILMS
Abbas Nokhasteh


Survival

Survival is to be alive
But not to live
Vulnerable
Outside
Separated

Survival is to be alive
But not living
Vulnerable
Outside
Separated

 

Faith

Faith to exist
Faith in the future
We are different and the same
In what is, was, and will be

Faith to be,
Faith in the future,
We are different and the same,
In what is, was and remains to be


Connection

Building together in many
ways To give meaning
And create familiarity
Life and living things

Building together with many
To make sense
And to make familiar
Life and the living


Distance

Designed to be a stranger
By walls and fences
Lost in the other space
No longer needed
An exception

Designed to be a stranger
By walls and fences
Lost in another space
No longer necessary
An exception


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PARIS 19: MOBILITY, MEMORY & MIGRATION
Andrés Borda-González, David Kendall, Abbas Nokhasteh, Dr. Moustafa Traoré


The 19th arrondissement in contemporary Paris, France is among the twenty administrative districts that form the city and has the youngest population. The majority of inhabitants are French citizens of West African and North African descent, commonly known in the Hexagone as ethnic minorities. In sociology, the term integration refers to the adaptation of individuals into a new environment and new situations. There exist different forms of adaptation, the most famous ones being integration and assimilation. In Western societies the process leading to integration seems to be regarded quite favourably when it involves disadvantaged social groups such as women, the elderly or the disabled. However, when it comes to the integration of ethnic minorities, also experiencing some forms of injustice; reluctance towards their full integration is often disguised by calls for their assimilation within the rest of French society (Traore, 2011: 13, 86).

If one also considers how the processes of integration and assimilation act as cultural constructs within architectural design; integration could act as a synthesis of diverse social and spatial patterns, functions and processes that encourage informality within the fabric of cities. Assimilation however may discourage cultural diversity and aspire to combine and condition social activities and suggest that collective memory could be misplaced (Chaliand, 1989: 5-6).

There is therefore much merit in exploring how informal communal networks generated in the 19th arrondissement could interact with architectural and cultural developments and political and economic policies of citizenship within the French state. ‘Collective or public memory’ could provide an entry point to explore and map shared locations, social possibility, participation or exclusion. People share their recollections with members of their group and rationally reorganise their stories of the past in accordance with others’ understanding of events, with and against other people situated in conflicting groups, in the context of alienation and through the knowledge that their predecessors and contemporaries transmit to them (Halbwachs, 1992: 48, Karstedt, 2009: 3-4). Collective memory is also utilised to hide identity and this ongoing project explores how visual and oral accounts connect with everyday life through acts of cooperation.

The project began in the summer of 2008 when Abbas Nokhasteh, founder of Openvizor, an international non-profit arts and cultural organisation, met Dr. Moustafa Traoré during the final stages of his PhD research in the UK. Openvizor believes in exploring knowledge production from the ground up. The organisation builds multi-disciplinary partnerships and projects with formal and informal networks and develops alternative processes and models to provide insight, tools and knowledge for collaboration, education, activism, practice development, planning and policy.

Discussions and collaborations over the years with local activists evidenced their work in re-claiming the French associative movement in new forms, as an attempt to answer social and political pressures, not through reactionary means, but rather by pooling resources and building positive narratives of their own. Nokhasteh also engaged in dialogue with members of local, city and national government as well as arts and academic institutions, which often presented more dogmatic approaches to social narrative. Local actions offer new definitions of the French republic and offer opportunities for individuals and groups to be proactive and engage in the future potential of an eclectic social fabric and heritage. These actions offer loose nodes of assembly and organisation that can connect at will to initiate independent actions outside of hierarchical structural dynamics.

Informal discussions between Nokhasteh and Traoré explored Traoré’s personal views as a first generation French citizen of West African decent regarding economic, social and cultural mobility in France. Traoré, a social activist and teacher introduced Nokhasteh to his neighbourhood, the 19th district of Paris and the myriad of local activists and organisations. Since 2008 Openvizor research has discovered that there is a sense of belonging and solidarity within the many and varied communities in the most culturally mixed area of Paris, with significant populations of West African, North African, Jewish and Chinese heritage.

The West African community in the Paris region is largely represented by the Malians and to a lesser extent the Senegalese. French colonisation and decolonisation in the late twentieth century has changed the cultural landscape of the 19th district. Low-income residents and ethnic minorities are often denied any form of historical recognition within the neighbourhood. Trapped between 18th district in the west and the 93 department in the north, different generations of young people followed one another into the 19th district and into a culture of crime and delinquency.

In 2000, the office of the mayor launched a major architectural regeneration programme that has seen the expulsion of drug dealers, users and low income families into the city suburbs. A further alarm was raised in 2010 through the less perceptible but equally damaging loss of public and private squares, courtyards and buildings in the western part of the district. Old buildings were either refurbished or demolished and new private residencies became occupied by young bourgeois bohemians or ‘Bobos’. These processes have intensified spatial disconnection between new and existing residents and further emphasised the loss of social and cultural memory within the arrondissement.

In 2010 and 2011, Openvizor invited British photographer and researcher, David Kendall and Colombian filmmaker, Andrés Borda-González to the 19th district, as part of a long-term strategy to develop new models for learning, reflection and organisation within the neighbourhood. The goal was to explore, propose and generate activities defined by individuals and groups on their terms and engage in pragmatic collaborative methodologies to create new narrative tools, allowing the ephemeral to become definable stories that begin to map the past and present, affecting their lives and future.

In the nineteenth and twentieth centuries the streets of Paris have historically become a rich visual resource for photographers, filmmakers and architects and influence how residents, planners and policy makers associate and generate ocular perceptions of contemporary cites worldwide. Political institutions use historical photographs of daily life to visualise, commemorate and create specific social histories, public memories and pictorial archives. Photography and film have been utilised to bring people together and explore how collective memories could become socially embedded in architectural and spatial frameworks and act as productive experiences, fluctuating between formal/administrative procedures and self-organised/informal social networks (Boyer 1996: 133).

Conversations may connect memories through acts of collaboration and could offer flexible frameworks for collective enterprise, spatial exploration and evaluation of public life. Social relations require communal modification and open access to digital media devices, could allow private sensory, aesthetic, social and geographical knowledge to inspire new forms of imaginative civic experiences (Dewey 2005: 38).

Under the direction of residents, Kendall and Borda-González were taken to sites of personal memory within streets, alleyways, parks, courtyards, doorways and gates in the neighbourhood. Kendall revisited and reinterpreted these locations through the medium of photography. These images were assembled and shown to other residents who expressed their own memories and feelings. The process was repeated and created new social spaces for reflection, generating debate and discussion, leading to the production of new collective memories that ignite new multiple interpretations, actions, events and stories. Sharing new images, knowledge and experience allows residents to tell and describe new stories, which became raw material for Borda-González to re-assemble oral and film narratives, activating new oral and visual discourse about spatial division, social conflict/cohesion, assimilation, integration, citizenship and migration in contemporary French society.


References

Boyer, C. (1996) The City of Collective Memory, Cambridge, Massachusetts and London: The MIT Press, pp. 133.
Chaliand, G. (1989) Minority Peoples in the Age of Nation States,
Ed. Gerard Chaliand, London: Pluto Press, pp. 5-6.
Dewey, J. (2005) Art as Experience, New York: Perigee, pp. 38.
Halbwachs, M. (1992) On Collective Memory, Ed. Lewis A. Coser,
Chicago and London: University of Chicago Press, pp. 48.
Karstedt, S. (2009) Legal Institutions and Collective Memories,
Ed. Susanne Karstedt, Oxford and Portland: Hart, pp. 3-4.
Traoré, M. (2011) l’intégration de la culture musulmane en Grande-
Bretagne, des principes à la réalité, Paris: l’Harmattan, pp. 13, 86.


For further information about Paris 19 please contact
Abbas Nokhasteh: abbas@openvizor.com


Biographies

Andrés Borda-González graduated from Universidad Nacional de Colombia with a degree in Philosophy. His short film Coqué premiered at the Cartagena Film Festival in 2010 and was selected by the London Film School for a special screening at the Institute of Contemporary Arts, London in 2009. His documentary work as a filmmaker focuses on migration, urbanism and the arts.

David Kendall is a visiting fellow within the Centre for Urban and Community Research, Department of Sociology, Goldsmiths, University of London. His photography and research explore how spatial, economic and design initiatives, as well as participatory practices, combine to encourage social and spatial interconnections or conflict in cities. Kendall has presented and exhibited research at cultural and academic institutions including University of Copenhagen, University of California, South Bank Centre London, Queens University Belfast, Goldsmiths, University of London, Tate Britain London, Queen Mary, University of London and University of Oxford.
www.david-kendall.co.uk

Abbas Nokhasteh is founder of Openvizor, an international non-profit arts and cultural organisation. Openvizor builds multi-disciplinary partnerships and projects with formal and informal networks and develops alternative processes and models to provide insight, tools and knowledge for collaboration, education, activism, practice development, planning and policy. He is a graduate of Kings College London and Imperial College London. Nokhasteh has presented research and curated events at cultural and academic institutions including the Architecture Foundation London, Serpentine Gallery London, Goldsmiths, University of London, Queens University Belfast, Queen Mary, University of London and University of Oxford.
www.openvizor.com

Dr. Moustafa Traoré is the author of l’intégration de la culture musulmane en Grande-Bretagne, des principes à la réalité (l’Harmattan, 2011). He is a visiting lecturer at Sorbonne University in Paris and is the founder of the website www.anopeneye.org which is an online newspaper dealing with French social issues and politics. Traoré has presented research at cultural and academic institutions including Sorbonne University, South Bank Centre London, Queens University Belfast, Goldsmiths, University of London, Queen Mary, University of London and University of Oxford.
www.anopeneye.org


FILMS: FAITH, SURVIVAL, CONNECTION, DISTANCE

With:
Moustafa Traore
Bakary Sakho
Sadia Diawara
Sidy Seye
Maïmouna Doucouré
Coly Issouf

Project by:

Andrés Borda-González

David Kendall

Abbas Nokhasteh

Dr. Moustafa Traoré

Photographs by David Kendall

Assistant Editor Charlie Hayes

2nd Assistant Editors:
Helena Escallón
Camila Salame
Noah Teichner

Produced by Abbas Nokhasteh

Directed by Andrés Borda González

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